mardi 20 novembre 2007

Gestion inhumaine des ressources

Difficile d'évaluer ses employés, aussi bien dans la quantité de travail fournie que dans l'implication dans l'entreprise.
En particulier pour les fonctions "non productives", comme développeur, chef de projet, ou marketing, par exemple.

Vu ici

Je me rends compte que c'est sans doute, à mon sens, une des plus grande difficultés du manager.

Sans tomber dans la paranoia du "ils sont tous contre moi", on a tendance à penser qu'on se retrouve un peu seul face à ses employés. Et du coup on a besoin de se trouver des alliés. Pas au sens de "les autres sont des ennemis", mais au sens de "j'ai besoin d'établir une relation de confiance qui me permette de m'appuyer sur un collaborateur en particulier".

Et le danger c'est de juger les apparences plutôt que la réalité, de privilégier celui ou celle qui sait le mieux gérer la relation employeur-employé, celui qui sait se mettre en avant et mettre en avant son travail, alors que ce n'est pas forcément la personne la plus fiable, ni la plus compétente.

Le manager aussi a besoin d'être rassuré, de se sentir apprécié, écouté, considéré. D'autant plus qu'il doit prendre des décisions et, dans une petite structure, les prendre seul.

Finalement, si ça aide d'avoir été employé pour être manager, ça aide aussi d'avoir été manager pour être employé. Moi qui ai souvent eu des problèmes dans ma relation avec le management, je me rends compte des contraintes et des exigences de l'autre côté. Je pense qu'aujourd'hui je serai plus à même de gérer une bonne relation avec un manager que par le passé.
Mais pour l'instant je suis manager et je dois faire avec.

Je sais que je suis plutôt lu par des employés ou par des indépendants que par des managers, mais si vous avez des conseils (avisés), je suis preneur :)

6 commentaires:

Damien a dit…

Et oui pas facile... surtout que comme tu dis ce n'est pas toujours ceux qui en font le plus que se mettent en avant et savent valoriser leur travail... d'une manière générale les commerciaux et personnel du marketing ont plus de faciliter pour cela.

C'est pour cela que l'évaluation se fait souvent par rapport à des objectifs fixés par le manager (chiffre d affaire pour les commerciaux, validation des phases de programmation pour les développeurs...). Objectif réalisé = 1 bon point ou une image ;-)...

bitonio a dit…

Salut Bart,

Quelques petites recettes perso :

- il faut être un peu skyzo : quand on est boss, il faut garder la tête froide et dépassionner les échanges... on peut autoriser des brainstorming pour faire avancer les choses mais dans le quotidien, il faut être garant que tout fonctionne dans un cadre préétabli. A la machine à café ou à l'heure du déjeuner, il faut oublier (un peu) ce rôle de pénible pour être plus cool et jouer la carte de l'humain : employé et employeur sont là pour bosser mais il n'y a pas que ça

- rien lâcher : les personnes les plus difficiles à manager sont les fortes têtes. Elles ont leur point fort souvent (expertise dans un domaine) mais elle ne sont pas irremplaçable. Via une gestion rigoureuse du savoir de l'entreprise (décrire des process, des documentations pour les nouveaux arrivants).

- reporting/timetracking : c'est chiant mais c'est une donnée maitresse pour piloter son business, parfois la personne un peu timide va prendre 3 jours pour faire une co....ie qui ne rapporte rien en terme de business. Un boss occupé parfois ne s'en rend pas compte.

- jouer la transparence : mes dernières expérience avec le monde anglo-saxons m'ont montrer que ça servait à rien de jouer les cachotiers... la boite signe un contrat de 70 KE, pourquoi ne pas le dire tout simplement. Le stagiaire au SMIC doit comprendre que c'est un chiffre brut et que de nombreuses charges sont à imputer sur cette somme et que le bénéfice rentre pas dans les poches du patron mais sert souvent à réinvestir ou de coussin de sécurité pour les mois qui suivent

J'enfonce des portes ouvertes mais bon, si ça peut aider :-)

Bitonio

bitonio a dit…

Un dernier truc : fonction non productive comme le développeur : pas compris là... tu fais du site web donc c'est les pièces du produit que tu vends que le développeur façonne. Je comprend pour le chef de projet qui fait de l'humain (et encore c'est son job de te préparer les indicateurs de suivi, les estimations en avant-vente)... bref, il y a toujours une production quelques parts, il faut s'équiper pour la mesurer et de la comparer par rapport aux objectifs.

Bart a dit…

> bitonio : pour le développeur, si c'est juste faire du html oui c'est quantifiable, mais si c'est un peu plus poussé, pour moi qui ne suis pas technique, j'ai aucune idée du temps que ça doit prendre.
Sinon ouais TimeTracking, voilà à quoi il faut que je réfléchisse !

Kirlian a dit…

Dans les grandes structures, le péquin de base est un numéro matricule à qui il faut botter le cul pour faire avancer le bouzin. On parle de crise en ce moment, mais la véritable crise est celle du sens du travail. Dans une petite boite la question se pose pas. Si personne bosse c'est le dépôt de bilan. Donc tu as raison, il faut savoir s'entourer de personnel compétent. Mais il faut l'associer pleinement aux réussites comme aux échecs.
J'ai un pote qui a une boite d'experts. Il paye son personnel avec fixe + prime sur chaque affaire. Ses mecs sont très bien payés et se défonçent dans leur job. Ils savent qu'il bossent beaucoup pour eux et accessoirement pour la boite qui en retire tout de même quelques bénéfices.
Tu parles de fonctions non productives... là ça me fait tiquer. Un trou du cul, à part de la merde, ça produit rien. Mais tu te vois vivre sans trou du cul toi ? Dès qu'on dévalorise des fonctions dans l'entreprise on prend le risque de s'entourer de canards boiteux.
Quant au concept de manager à mon avis c'est un bidonnage gigantesque destiné à vendre des formations toutes aussi débiles les unes que les autres genre PNL, analyse transactionnelle etc... En qualité de chef d'entreprise, c'est à toi de donner du sens au travail, même si c'est pour faire de l'argent in-fine.

Bart a dit…

> Kirlian : je me suis peut-être (encore) mal exprimé. "Fonctions non productives" n'a rien de péjoratif. Je voulais dire par là des fonctions dont la quantité de travail délivrée est difficile à évaluer.
Dans ton exemple tout en délicatesse ;) on peut mesurer l'efficacité du trou du cul facilement ; c'est plus difficile pour le foie ou les reins par exemple, sans pour autant que cela les rabaisse par rapport au trou du cul :)