jeudi 10 novembre 2005

Bluffé par Singapour


On m’avait prévenu que la petite “Suisse de l’Asie” était propre, moderne, avant-gardiste… mais je n’imaginais pas à quel point !!!

Singapour semble avoir étudié l’urbanisme des autres villes du monde pour son développement et n’avoir gardé que les choses positives.


Ainsi les rues sont propres, les immeubles sont récents et bien entretenus, il y a des arbres, des fontaines, des parcs, etc… Tout est en bon état et tout fonctionne.

Le nombre de voitures est limité (par des taxes prohibitives), les transports en commun sont performants, les taxis pas chers, les trottoirs praticables (pas comme en Thailande).

Les restos sont neufs, les magasins sont propres et décorés. Les gens sont souriants et parlent bien anglais. Les communautés (Chinois 75%, Indiens 7%, Malais 15%…) quoi que très fortes et très regroupées (China Town, Little India…) semblent vivrent plus ou moins en harmonie.

Oui je sais ça parait idyllique comme ça, mais ça ne l’est pas. Les libertés individuelles sont limitées, des caméras et des flics en civil quadrillent les rues, on n’a pas le droit de cracher par terre ou de macher du chewing-gum (on prend vraiment une amende !), la presse est muselée, l’opposition politique aussi, le social est inexistant… Il y a encore du chemin à faire !!!


Mais quand même, par rapport aux autres villes d’Asie que j’ai vu ou dont j’ai entendu parlé, les efforts de Singapour sont évidents et les résultats sautent aux yeux.

Ca se ressent aussi au niveau du développement économique : Singapour s’est concentré sur des activités en croissance et/ou stratégiques comme l’activité portuaire, les raffineries pétrolières, la finance… et semble avoir fait les bons choix, car dans ces domaines la ville possède aujourd’hui une vraie valeur ajoutée (et un chômage à 3% seulement).

La population est active et (sans doute du faite de ce mélange de cultures) tournée vers le monde extérieur.

On se sent aussi en sécurité et on a envie de se promener le long des quais bien aménagés et éclairés, de s’asseoir dans les bars en plein air, de se promener dans les parcs… Bref de profiter du cadre, de la nature et du climat.

Il paraît qu’il y a 40 ans ou un peu plus, Singapour partait de rien. Une petite île tropicale. Pas de ressources naturelles, pas d’argent, une population peu éduquée, peu de partenaires stratégiques (Singapour, à l’époque, s’est fâchée avec le reste de Malaisie)…

Et aujourd’hui c’est un des plus grands ports du mondes et une des plus grandes places financières d’Asie, une ville-état qui se classe au 4e rang mondial pour le revenu par habitant (richesse créée par rapport au nombre d’habitants), bien avant la France. C’est aussi une base importante pour la marine américaine, ce qui garantit à la ville-état une certaine sécurité et un apport supplémentaire de revenus.

Alors c’est vrai que face à cette organisation très carrée et cette perfection apparente, on finit par trouver tout ça un peu artificiel et on a l’impression de découvrir une ville propotype : ce que pourrait être une grande ville européenne réorganisée, repensée, contrôlée… réprimée ?
Un DisneyLand à échelle humaine…


Mais après tout. Au moins Singapour “ose” et semble résolument motivée à aller de l’avant (développement du tourisme, des partenariats avec les universités étrangères, rénovation des quartiers…).

(la preuve que c'est DisneyLand, y a même un téléphérique pour aller à la plage !)

Un zest de démocratie, un soupçon d’excentricité, une touche de social, suffiraient peut-être à en faire un paradis… ou une nouvelle catastrophe urbaine à l’européenne !!!

Enfin bon moi je dis ça…

PS : en plus j'écris ce post au moment ou la France connaît les pires "émeutes urbaines" depuis bien longtemps...

3 commentaires:

mael a dit…

je pars étudier singap dans 15 jours, J'ai hate d'y être :)

Andrasiatic a dit…

Si le fait de pouvoir machouiller de la gomme, cracher par terre, fumer et manger partout, et jeter ses détritus aux quatre coins de la ville, fait partie de la démocratie pour les Français, alors Singapour ne conviendra pas à ces Français-là! De même ceux qui préfèrent fumer leurs herbes et sniffer leurs poudres; car à Singapour, ces pratiques risquent de leur coûter la vie.
Mais ici, je n'ai jamais eu peur d'être agressé, mon épouse non plus, ni de jour ni de nuit, que ce soit dans la ville chinoise, malaise, tamoule ou ailleurs. Et ça, c'est une forme de liberté qu'on ne trouve en tout cas pas en France démocratique!
En respectant un minimum de règles, basées sur le respect d'autrui et de ses croyances, on peut vivre une merveilleuse aventure à Singapour, que ce soit pour un temps, ou pour tout le temps!

Beau Lotus a dit…

Cela fait 10 ans que je vis en Europe et aux USA et je ne sens pas du tout que mes 22 ans passés à Singapour avant mon départ pour l'Occident étaient moins libres. Je suis d'accord que c'est aussi une liberté de pouvoir vivre dans le respect, de sentir en sécurité, de ne pas avoir peur que mes enfants vont fumer des joints car c'est un peu difficile en France d'eviter ça car 1 enfant sur 2 au collège le fait. Par contre les lois sont un peu dures, et la peine de mort un peu trop librement imposée. Mais le pays est jeune, il nous faut du temps pour trouver notre équilibre. J'avais des bonnes relations à S'pour avec les autres races ce qui n'est pas évident ni en France ni en Allemagne, et j'adore un service public qui me sourit, pas des fonctionnaires qui coûtent chers et en plus te traitent comme tu leur dois encore plus.