jeudi 24 juillet 2008

Bart et la Favela

Juste au dessus de mon hotel il y a une Favela. Je ne m'imaginais pas que les Favelas étaient aussi proches des centre-villes. En fait certaines sont dans le centre ville. Des qu'il y a une petite colline dans un quartier residentiel, il y a une Favela.

Il y a donc cette rue qui monte en pente raide depuis une rue du centre-ville, puis en haut, un ensemble de baraques les unes sur les autres. Evidemment ca a excité un peu ma curiosité. A quelques centaines de metres de ma chambre d'hotel, les gens vivent dans des conditions hallucinantes. Ces Favelas dont on entend beaucoup parler mais qu'on ne connait pas du tout.

J'ai donc décidé d'y aller faire un tour. De jour.

Apres avoir vidé mes poches dans ma chambre d'hotel (pour eviter a d'autres de le faire pour moi ailleurs :) ), je me suis rendu doucement vers la route en pente raide. La, des dizaines de gens montaient ou descendaient, la plupart portant avec eux des tas de trucs : du materiel, de la bouffe, ou meme des animaux vivants.

Tous étaient fringués de maniere excessivement simple, genre short usé et t-shirt troué. Parfois pas de chaussure. J'avais moi aussi fait "un effort d'adaptation" en mettant un short de sport et mon plus vieux t-shirt. Seules mes tongs estampillées "Tahiti" auraient pu me trahir, mais qui connait Tahiti dans une Favela ?

Je montais donc la pente, me melant aux locaux, essayant de marcher a leur rythme et d'agir comme eux. Je regardais autour de moi en essayant de ne pas le montrer. Je restais en alerte quoi.

Arrivé en haut il fallait soit continuer la route, qui visiblement redescendait dans la ville un peu plus loin, soit entrer dans la Favela par la route principale. Devant moi les premiers "batiments" en ruine. J'hesitais un peu. Mais bon j'etais arrivé jusque la c'était pas le moment de renoncer. Je continuais donc a avancer doucement et me dirigeais dans la rue principale.

Plus j'avancais, plus c'était sale et misereux. Des mecs et des filles étaient assis, discutaient, rigolaient, jouaient aux cartes et buvaient. Et puis je me suis rendu compte que la plupart des mecs (1 sur 2 peut etre) avaient sur eux un flingue ou un couteau. Y en avait qui se droguaient. D'autres qui dealaient. Et des nanas habillées en pute un peu partout. Je me suis dit que pour une fois sans doute, l'habit faisait le moine...

Parfois je m'engageais dans une des petites allées qui passent entre les maisons. C'etait plus sombre, plus froid et plus glauque. Je faisais en sorte de ne pas m'éloigner trop de la route principale et de toujours y revenir rapidement.

A un moment je croise 2 types et l'un d'eux me dit quelquechose en Portuguais. Evidemment je ne comprends pas. Mais je bredouille une réponse que moi meme je ne comprends pas :) Visiblement ca ne lui suffit pas. Il repete un peu plus fort alors que je les dépasse. J'entends qu'ils parlent de moi. Je suis mal. Heureusement pour moi un autre type assis sur une fenetre me lance un "Ola". Je reponds par un timide "Ola" (j'ai peur que meme pour ce mot de 3 lettres mon accent me dénonce) et un petit geste de la main.

M'a-t-il pris pour quelqu'un d'autre ou est-il amusé de voir un touriste dans le coin. Je ne le saurai jamais mais je penche pour la seconde solution. En tous cas il m'a tiré d'affaires car les 2 autres ont du coup continué leur chemin.

Un peu apeuré par cette expérience je décide de faire vite fait demi-tour, en évitant toutefois de repasser dans la rue principale devant mon "nouvel ami". Je prends donc une petite allée et me débrouille pour revenir sur la rue principale un peu plus bas.

Je passe devant un drole de bar occupé par des types avec qui je partirais pas en vacances. Ni meme en week-end. Je l'avais pas vu a l'aller. J'aurais préféré ne pas le voir au retour.

Et c'est la qu'arrive une camionnette de flics qui remonte la rue principale en sens inverse. Ils ralentissent a ma hauteur. Puis stoppent. Ils sont 4 dedans et les 4 me regardent comme si je venais de cambrioler une banque.

J'essaie d'avoir l'air de rien. Les flics au Brésil sont corrompus et dangereux, ceux qui trainent dans les Favelas sont pires.

Malheureusement pour moi 2 d'entre eux descendent et commencent a me parler en Portuguais. Je réponds en Espagnol. Ils me demandent ce que je fais ici. Je leur dis que je visite, que je suis en voyage. Ils me demandent d'ou je suis et si j'habite au Bresil. Puis me demandent mon passeport. Evidemment je l'ai pas. Je n'ai rien. A peine 5 Reals (2 euros), c'est tout.

Je leur explique que j'ai laissé mon passeport a l'hotel, que c'est pas loin, qu'on peut y aller. Que je ne voulais pas emmener quoi que ce soit ici. Ils commencent a s'énerver et me demandent de monter dans leur camionnette. Ils ont l'air tendus, nerveux.

Plus je les regarde et plus je me dis qu'ils ont pas des tetes de flics. Et en plus de ca ils sont armés jusqu'au dents ! Pourquoi veulent-ils m'emmener ? Pourquoi ne pas aller a mon hotel ? Je commence a flipper sérieusement...

(A suivre...)

9 commentaires:

Aurelien a dit…

excellent !

renata a dit…

Le sens du suspense.... Mais puisque tu racontes (avec talent d'ailleurs) c'est que ça ne s'est pas mal terminé...

Frédéric a dit…

mon nouveau roman de l'été ....
LA SUITE !!!!!!!
(du moment qu'elle ne commence pas par "à peine arrivé au poste de police, on me balance au fond d'une cellule sombre, froide et dégageant une forte odeur dont mes capacités nasales détectent immédiatement des doses d'urine et de vomi" )

Le Tribulateur a dit…

Punaise. La suite. Vite!

Anonyme a dit…

Je ne trouve pas ça très malin de ta part d'aller te balader tout seul dans une favel comme si c'était un lieu à visiter...franchement y'a bien mieux à voir à Rio qui reste une des villes les plus belles au monde malgrè son insécurité générale...

bitonio a dit…

Argh, fait pas la grève des scénariste hein :-) Vitttttte :)

Sten a dit…

Si un jour, tu as envie de changer de métier, tu peux devenir écrivain.

Le roi du suspense, c'est toi...

Bon, je pense qu'en même que tu t'en aies sorti vivant.

Le Tribulateur a dit…

Bon, alors, cette suite ???

ji_louis a dit…

Nom d'un chien, Bart, ça sert à quoi qu'on t'avertisse des problèmes à éviter si c'est pour y foncer tête baissée?

Mais bon, si tu as actualisé ton blog, c'est que tu t'en es sorti...

Ton assureur, c'est un bon copain?