samedi 4 mars 2006

Petit mais patron

Pour rebondir sur la remarque désobligeante de Nat (qui est par ailleurs une fille tout à fait adorable), je me suis pris à réfléchir à ce que ça fait d’être patron.

le dessin vient de cette excellente page Web
Car oui, quelquepart, je suis patron ! Ah, bien sûr, pas au sens de “grand patron”, capitaine d’industrie avec salaire de footballeur, voiture de ministre et Golden parachute. Pas au sens non plus de “Chef d’équipe” ou “Grand Chef”, avec 200 collaborateurs sous sa responsabilité, un grand bureau, 3 assistantes et plus si affinités...

Mais patron quand même. Mon propre patron. Et ça, pour moi, c’est nouveau.

Etre son propre patron, c’est d’abord être complétement autonome : c’est moi qui décide, par exemple, à quelle heure je commence à travailler et à quelle heure je finis. Et je n’ai pas à prévenir qui que ce soit si je décide de changer à la dernière minute. J'organise mes journées, mes semaines, mon planning, mes vacances...

Ca demande d’être capable de s’assumer, se motiver, s’organiser… Certains par exemple ont besoin d’aller travailler à l’extérieur. Pour s’obliger à des horaires, à un rythme. Moi je n’éprouve pas ce besoin. Ce qui me motive à sortir, c’est plus le fait de ne pas rester enfermé, de voir du monde, car c’est une des difficultés d’être à son compte : on peut très vite se couper du monde.

Etre son propre patron, c’est aussi prendre les décisions, toutes les décisions : du choix du magasin où acheter les agraphes jusqu’au choix de la stratégie globale de l’entreprise. Du choix des clients avec qui travailler au choix des prix à pratiquer. Etc.

Ca demande d’abord du temps. On ne peut pas déléguer. Ca demande aussi de savoir trancher, de savoir prendre des risques. Ca n’est pas évident car chaque décision est prise et assumée seul.

Quand un client vous demande de rembourser une campagne parce qu’il n’est pas content. Un autre de lui faire un petit peu de gratuit pour qu’il continue à travailler avec vous. Un troisième (un gros !) qui voudrait vous voir rapidement à l’autre bout de la planète pour discuter stratégie 2006… Parfois on aimerait se soulager des décisions à prendre en se reposant sur un supérieur hiérarchique ou un conseil d’administration

Mais ce n’est pas possible. Par définition, le patron est celui qui est tout en haut (même si en dessous de lui, il n’y a personne !!!). Celui qui prend la décision ultime. C’est en ce sens là que je suis patron.

Si ça marche, c’est grâce à moi. Si ça foire, c’est à cause de moi !

Alors oui, bien sûr, on est des milliers dans ce cas là : indépendants, professions libérales, freelances… Ma situation n’a rien d’unique, ni d’original. Mais bon, on est aussi des milliers à créer des boites et tout le monde ne se sent pas obligé d’en faire un blog pour autant :)

En fait, c'est justement ce que je trouve de plus intéressant et de plus difficile dans la création d’entreprise : être son propre patron, être complétement autonome, être à la fois le chef et le grouillot, l’acheteur et le vendeur, le commercial et le comptable, le technicien et le marketing, le day-to-day et le stratégiste, le bon et le méchant, le blanc et le noir, le yin et le yang

(Pffff… Quel que soit le sujet, on en revient toujours à la Chine…)

4 commentaires:

Gertrude a dit…

Entre "patrons", soutenons-nous ! Je trouve ton article très très juste, bien écrit et pertinent. Malheureusement, il y a souvent amalgame autour du mot "patron". Alors que dans notre cas, c'est plutôt "L'homme (ou la femme) qui valait 100 milliards" omnipotent par obligation, plutôt que "le patron me surveille ! jpeux pas regarder mes mails !".

Et bravo pour le choix du dessin (j'adore :D)

Anonyme a dit…

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