lundi 31 juillet 2006

Travaux pratiques

Voici un bel exemple de SPAM !

La cause a l'air plutôt noble, l'email plutôt gentil et sérieux, seulement voilà : pourquoi je reçois cet email, moi ? Qui me l'envoie ? Et si j'en veux pas comment je fais ?

Regardons tout ça d'un peu plus près.

Normalement, il devrait y avoir écrit quelquepart : "vous recevez cet email car vous vous êtes inscrit sur blablabla...". En l'absence de cette précision, je suis en droit de supposer que l'email vient de l'expéditeur : France Qualité. Et donc que je me suis inscrit à sa liste et ai donné mon accord pour recevoir sa newsletter.

Or un rapide tour sur le site de cette société me permet d'être catégorique. Je n'ai jamais mis les pieds chez eux. Et donc ne me suis jamais inscrit. Beaucoup d'internautes oublient s'être inscrit à droite à gauche. Mais pas moi. C'est une partie de mon métier de recenser les sites web, les éditeurs, les mailing lists, etc. pour pouvoir éventuellement travailler avec eux. Je suis sûr de mon coup. Donc : 1°) je n'ai rien demandé et pourtant je reçois.

Ensuite, qui est l'annonceur ? Qui est à l'origine du message ? France Qualité ? Lucky Dinners ? Hubert Reeves ? ou l'UMP ??? (nan je déconne pour l'UMP). Qui dois-je blâmer si je ne suis pas content ? 2°) je ne sais pas exactement qui m'écrit.

Enfin, que faire pour qu'on ne m'écrive plus ? Je suppose que France Qualité organise souvent des Lucky Dinners. Mais si je n'ai pas l'âme charitable ou si je ne supporte pas Hubert Reeves, comment faire pour que ces gens là m'oublient ? A aucun endroit il n'est précisé la démarche à suivre pour ne plus recevoir cette newsletter. 3°) il n'y a pas de lien de désabonnement.

Je reçois un email que je n'ai pas sollicité, dont je comprends mal qui en est l'expéditeur et qui ne présente aucune solution de désabonnement. On est donc clairement en présence d'un SPAM.

Alors que fais-je ? J'appelle la police ? Je transfère à la Cnil ? Je vais spammer le site de France Qualité et porter plainte contre Hubert Reeves (ou l'inverse) ?

Non, rien de tout ça, je ne fais rien. Car je ne vous ai pas précisé un détail mais il a son importance : j'ai reçu cet email sur une adresse email "professionnelle", au sens où il s'agit de l'adresse de contact publiée sur l'un des sites que j'édite. Cette adresse a vraisemblablement été "aspirée" sur le web par un robot spécialisé.

Et la loi est claire là dessus : ce genre de démarche abusive est strictement interdite vers les adresses perso, mais tolérée vers les adresses pro. Je peux toujours gueuler sur l'absence de lien de désabonnement car là ils sont clairement en tort, mais c'est tout. ils faudra donc que j'envoie cet email à la Cnil en me plaignant, puis que j'attende de recevoir la version avec le lien pour finalement me désabonner...

La LEN (loi sur l'économie numérique) a renforcé la protection des particuliers, mais clairement au détriment de celle des professionnels. Or la frontière sur le web entre particuliers et professionnels devient fragile. Un site web efficace avec des Google Adsense, un mini site de vente sur eBay, un blog à forte audience rempli de pub peuvent par exemple transformer des particuliers en professionnels et leur ouvrir les portes du SPAM.

La France est le plus gros expéditeur de SPAM en Europe et le quatrième dans le monde... Preuve que la LEN a vraiment besoin d'être clarifiée... et appliquée !

2 commentaires:

stefie a dit…

Je suis d'accord avec toi, le lien de désabo est obligatoire sur un email, c'est ce qui fait la différence entre un emailing commercial et un spam.
On est issu de la même école ;-)

Ce que tu annonces sur le spam ciblant les professionnels est bien vrai.

Ceci dit, difficile de faire appliquer la LEN. Lorsque l'on concoit un site, il est obligatoire de publier sur le site (si le site est hébergé en France),
- le nom et les coordonnées de son hébergeur
- les coordonnées de la société et la personne responsable de son contenu
- une adresse de contact
- déclaration CNIL si collecte de données
- les CGV si vente en ligne.
Tout cela on le retrouve sur droitdunet.fr.
Pour ma part, je conseille toujours au client de le faire, après qu'il accepte ou pas, mon rôle de conseil s'arrête la.

Anonyme a dit…

plus court et plus efficace:

tu black-listes le domaine de l'expéditeur.